Source : Mouvement matricien
Le culte de la déesse-mère est la religion universelle qui occupa la plus grande durée dans l’histoire du genre humain. Cependant les religions matriarcales, préhistoriques et antiques, sont trop peu renseignées par l’archéologie et l’histoire, comparativement à l’importance qu’elles ont en terme de durée. Bien que les religions patriarcales aient été particulièrement sévères lors de leur instauration, cependant pour être plus facilement adoptées, elles ont été contraintes d’assimiler les religions qui les ont précédées, sans faire complètement table-rase du passé.
« Bien avant la naissance des dieux, l’humanité était placée sous la protection de la Grande Mère, créatrice des mondes, des éléments et des créatures qui la peuplaient. » – Françoise Gange, Avant les Dieux, la Mère universelle (Les Dieux menteurs).
Différence entre PAGANISME et POLYTHÉISME :
Arnaque des « païens aryens » et confusion avec les indo-européens
« La marche de la grande histoire de l’humanité n’est pas allée des polythéismes vers le monothéisme, mais du monothéisme féminin au monothéisme viril en passant par des polythéismes de transition, scindant la déesse en avatars multiples afin de l’ensevelir par le moyen de « dieux-époux » qu’on lui accolait selon les nouvelles normes de la société patriarcale, dont la base était l’institution du mariage : union de l’homme dominant et de la femme dominée. » - Françoise Gange
Le paganisme, c’est la religion des païens, des paysans, des gens qui travaillent et vivent de la Terre-Mère. Cette religion est liée au matriarcat, cette ère primordiale sans père. Elle est souvent liée au chamanisme et à l’animisme : le monde des esprits qui habitent les éléments de la nature.
Le polythéisme, c’est une religion avec plusieurs dieux. Le paganisme est un polythéisme. Mais le polythéisme peut être patriarcal (droit du père, ordonné par le Dieu-Père), et aristocratique.
Exemple : chez les nordiques, il y a en vérité 2 religions.
- Le culte des Aesir (Odin, Thor…), les nouveaux dieux du patriarcat aryen, réservés à l’élite guerrière et aristocratique (aryen = caste noble des patriciens, et non la race blanche).
- Le culte des Vanir (Freyr et Freyja), les anciens dieux de l’ère matriarcale, vénérés par les paysans et les humbles gens.
La religion gréco-romaine, celle des Olympiens (Zeus, Arès…), comme toutes religions aryennes (dites « indo-européennes »), n’est pas païenne mais polythéiste, patriarcale et aristocratique. Même si le polythéisme aryen a conservé des divinités de l’ère matriarcale antérieure, cette religion est bien patriarcale : l’origine de la vie, c’est le Dieu-Père et non plus la Déesse-Mère. La femme doit donc être une esclave-épouse-mère-porteuse pour donner des fils légitimes à son mari et maître, le père de ses enfants. Au mieux, elle sera prostituée, et donc émancipée de la tutelle de tout homme. Le vrai clivage n’est pas l’opposition du polythéisme au monothéisme, mais celle du matriarcat au patriarcat, du droit maternel au droit paternel.
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