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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 17:00

 

Synopsis depuis : Humanité

 

«Haute-Savoie 1944» permet de retrouver Denis Chegaray, réalisateur qui avait quelque peu déserté le terrain du documentaire, où il avait pourtant fait ses preuves. Entre autres, avec Olivier Doat, chef monteur, déjà coauteur avec lui de «Guerre d'Algérie, mémoire enfouie d'une génération» et des «Clins d'oeil de l'Esprit Saint». Après trois ans de travail, il brosse ici le tableau d'une Haute-Savoie résistante, au moment où, ayant libéré seule la région, elle s'apprête à participer à «l'épuration».

 

Les auteurs le notent: la Haute-Savoie s'est imposée «d'abord parce que la guerre menée, dans cette région, par les deux camps français fut une véritable guerre civile avec ses opérations militaires, ses exécutions, ses représailles et, parfois, la prise en otage de la population; ensuite parce que la Résistance s'y est affirmée avec éclat. Enfin, parce que la Libération s'est faite là grâce aux seules forces de la résistance de l'intérieur qui, après avoir subi toutes les rigueurs d'une guerre imposée par Vichy, s'est trouvée aux commandes avec tous pouvoirs entre ses mains, y compris ceux de la police et de la justice».

 

Il n'est pas inutile de rappeler dans quelles conditions cette épuration s'est effectuée. Certes, des pratiques comme la tonte des femmes coupables d'intelligence sentimentale avec l'ennemi nous paraissent aujourd'hui sadiques. Mais, outre que ces femmes ont souvent fait figure de victimes expiatoires tandis que des collabos autrement malfaisants échappaient à l'ire populaire, on ne peut accepter que certains, aujourd'hui comme hier à l'extrême droite, fustigent de compréhensibles réactions, des réflexes de vengeance suite aux années de soumission, de bâillon, de tortures.

 

Certains des justiciers les plus implacables étaient-ils des résistants de la dernière heure? Sans doute... Il n'en reste pas moins que les véritables résistants n'avaient aucune envie de passer l'éponge, surtout en voyant parader quelques beaux salauds dans les rues d'Annecy pendant qu'ils devaient se terrer dans les bois ou que leurs copains du maquis des Glières avaient été massacrés.

 

«Haute-Savoie 1944» ne se prétend pas analyse objective des faits qui se sont déroulés en 1944 et quelques mois plus tard. Deux partis pris en apportent la preuve: d'une part, le film repose sur des témoignages (une douzaine de résistants et - seulement - deux miliciens) avec ce que cela comporte de subjectivité, d'émotion; d'autre part, les auteurs ont choisi d'adjoindre aux images et interviews un commentaire qui rétablit, lorsque les auteurs en ressentent le besoin, leur propre vision des choses. Ainsi, par exemple, relèvent-ils l'absence totale de remords chez les ex-miliciens, précisant dans le dossier de presse: «Pas un seul instant un collaborateur n'a quitté devant nous le statut de victime acquis au moment de l'épuration, comme si tout ce qui avait précédé était aboli.»

 

On sent que les auteurs ont voulu lever toute ambiguïté quant à la finalité de leurs propos. A vouloir évoquer l'épuration et ses éventuelles «bavures» ne risque-t-on pas, peu ou prou, de voir dans le film une mise en cause de la Résistance? Devant ce «dérapage», et afin que nul n'en ignore, Denis Chegaray et Olivier Doat affirment: «Même si nous avons pris la liberté d'exercer nos critiques à l'égard de tous, nous n'avons jamais un seul instant remis en cause la légitimité de la Résistance et nous pensons que la démarche que nous avons adoptée est possible sans qu'on nous accuse de faire partie des nostalgiques du régime de Vichy.» Cette affirmation appelle la sympathie. Le seul fait qu'il faille y insister n'apparaît-il pas aussi, d'une certaine manière, comme un aveu d'impuissance quant à la capacité de maîtriser, dans tous ses tenants et aboutissants, la force et le sens de l'image ?

 

Sylvie Steinebach.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1944 : "L'épuration" en Haute Savoie (Doc) [VF]

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Published by openyoureyes - dans HISTOIRE-ARCHEOLOGIE
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Citation

« Il fut débattu puis décidé que la peur devrait être propagée et entretenue au niveau mondial afin que l’attention reste cristallisée sur le négatif tout en empêchant l’expression positive de l’authenticité.

 

Tandis que les gens deviendraient de plus en plus craintifs et manipulables, leur capacité à penser librement et à exprimer leur authenticité décroîtrait.

 

Le contrôle de l’esprit interdisant clairement toute expression de l’authenticité, l’évolution de l’esprit humain diminuerait ainsi en même temps que la liberté de penser, lors que celle-ci fait l’objet d’un continuel bombardement alliant terreur et négativité. »

 

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