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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 04:10

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/94/Moche_decapitator.jpg

Le décapiteur sur une fresque murale de la huaca de la Luna.

 

 

La culture moche (parfois appelée mochica) est une culture précolombienne qui s'est étendue tout au long de la côte nord péruvienne, à peu près entre l'an 100 et l'an 700 après J.C. Elle était contemporaine de la culture Nazca qui occupait la côte sud péruvienne, se situant chronologiquement entre l'ère Chavín (horizon ancien) et l'ère Chimú.

 

 

 

 

 

Au Ier siècle après J.C., différentes cultures se partageaient le littoral nord péruvien, toutes héritières des cultures Chavín et Cupisnique, les plus remarquables étant :

  • les Vicús au nord, près de la frontière équatorienne
  • les Salinars, situés principalement dans la vallée du Moche
  • les Virú, établis dans la vallée du même nom, soit quelques kilomètres au sud des Salinars

La culture Moche apparaît comme une unification de ces différentes cultures : tout d'abord, deux foyers distincts semblent émerger presque simultanément, aux alentours de l'an 100 de notre ère : Moche et Sipán.

 

Dans la vallée du Moche, (située dans l'actuelle région de La Libertad) au pied du Cerro Blanco, la culture Salinar laisse rapidement place aux Moches. La ville de Moche prend de l'importance avec le début de la construction de deux édifices, les huaca de la Luna et huaca del Sol. Ces bâtiments, qui n'ont alors qu'un seul étage, servent déjà respectivement de lieu de culte et de centre administratif. L'influence de ce foyer atteint la vallée du Virú aux dépens de la culture du même nom.

 

Plus ou moins parallèlement, dans la région de Lambayeque située plus au nord, le centre Moche de Sipán se développe également, la ville prend de l'importance et de hauts dignitaires Moches y sont enterrés dans un remarquable centre funéraire.

L'éloignement de ces deux centres implique déjà un bon contrôle du territoire et donc une organisation militaire élaborée de la part des Moches, à peine leur royaume fut-il formé.

 

On situe la majorité des conquêtes militaires Moches durant les IIIe siècle et IVe siècle. Les frontières se sont élargies le long de la côte : au sud, en s'étendant aux vallées du Chicama et de Huarmey, et au nord jusqu'à Piura, empiétant largement sur le territoire Vicús, assimilant ce peuple au fur et à mesure des conquêtes. À leur apogée, les Moches contrôlent un territoire essentiellement côtier s'étendant sur plus de 600 kilomètres de long. En plus des centres historiques que sont Moche et Sipán, ils construisent d'importants bastions militaires pour maintenir les frontières : Pampagrande au nord et Pañamarca au sud. C'est au cours de cette période, vers l'an 300 que vécut le seigneur de Sipán.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/90/TumbaSe%C3%B1orSip%C3%A1n3_lou.jpg

Reproduction de la tombe du Seigneur de Sipán

 

On situe la fin des Moches aux alentours de l'an 700. On suppose que la situation s'est peu à peu dégradée dans le royaume, celui-ci devant faire face à des crues catastrophiques des principaux fleuves et notamment du río Moche à cause du phénomène El Niño, ainsi qu'à des tremblements de terre à répétition durant le VIIe siècle. Peu après le déclin de la société moche, la culture Sican se développa sur les mêmes régions, puis plus tard encore ce fut au tour de la culture Chimú.

 

La société Moche était divisée en classes et hiérarchisée : un puissant seigneur était à la tête du royaume, le pouvoir se transmettant probablement par hérédité. Les classes les plus importantes étaient celles des guerriers, des prêtres et des administrateurs. Venaient ensuite les commerçants, artisans et bâtisseurs, puis les pêcheurs, paysans, etc. Le schéma urbain de la ville de Moche, par exemple, est typique de cette organisation, répartissant les habitats par quartier en fonction des classes et de l'importance des classes dépendait la distance à la huaca del Sol (les prêtres, guerriers et administrateurs étaient les plus proches de la huaca).

Durant toute l'existence de la ville de Moche, ses habitants n'ont cessé de construire les deux huacas : à peu près tous les cent ans, le plus haut étage de la huaca de la Luna était condamné, les couloirs comblés et on élargissait la base, construisait un nouvel étage au-dessus du précédent, élevant la rampe d'accès, de façon à ce que seul ce nouvel étage soit encore accessible. À la disparition des Moches, la pyramide comptait 6 degrés et environ 600 ans d'existence.

On suppose que le régime de l'État moche était théocratique, le seigneur étant également prêtre. La cohésion de la société, largement dépendante de la force militaire, devait reposer sur une puissante caste de guerriers au service de la théocratie.

 

Le centre religieux était la huaca de la Luna, où les prêtres et le seigneur effectuaient toutes sortes de cérémonies. Le principal dieu se nommait Ai-apaec, Créateur mais aussi "décapiteur" (El Degollador en espagnol), que l'on trouve représenté sur de nombreuses céramiques et fresques de temples. Il prend souvent la forme d'une araignée, ou encore d'une créature ailée ou d'un monstre marin. Lorsque le corps est entièrement représenté, on le voit toujours tenant dans une main un couteau, et de l'autre une tête tenue par les cheveux. On pense qu'il s'agit d'allusions à des rituels de sacrifices humains pratiqués sur la huaca de la Luna. La réalité de ces sacrifices ne fait pas de doute, de nombreux ossements humains ayant été découverts au sommet de la huaca.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e8/Momia_andina.jpg/200px-Momia_andina.jpg

Momie Moche.

 

Les Moches disposaient d'un haut niveau technologique dans différents domaines, notamment en matière d'irrigation et de métallurgie. Ils avaient réussi à maîtriser le désert grâce à un système d'irrigation ingénieux, en détournant les rivières et construisant des canaux. Ils pouvaient alors développer une agriculture excédentaire, et par-là même des liaisons commerciales avec les autres peuples environnants de la côte, des Andes et même d'Amazonie. Les Moche ont aussi développé des techniques de métallurgie élaborées par rapport aux autres civilisations andines. Ils travaillaient des alliages de cuivre et d'argent, de cuivre et d'or, ou encore du bronze pour fabriquer des objets de décoration, masques et bijoux mais aussi des outils agricoles et des armes. Ils avaient en particulier une technique de dorure du cuivre qui restera plus efficace que les techniques européennes jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/29/Moche_pottery01.jpg/220px-Moche_pottery01.jpg

Poterie Moche (Image © PROMPERU)

 

L'étude des céramiques moches revêt une importance fondamentale dans la mesure où, ne connaissant pas l'écriture, c'est par ce biais que les Moches ont laissé le plus d'informations sur leurs us et coutumes. Les Moches utilisaient des moules pour produire des poteries en quantité industrielle. Cependant cela ne les empêchait pas de créer des formes, des gravures et des peintures variées. Très soigné, cet art céramique se distingue facilement de celui des autres civilisations précolombiennes par l'utilisation de certaines couleurs : peintures ou sculptures souvent rouges ou noires sur un fond crème, et représentant généralement des objets ou scènes de la vie courante : fruits, légumes ou animaux, scènes d'agriculture, de pêche, de métallurgie ou de tissage, scènes érotiques, scènes guerrières ou encore scènes de sacrifices. On retrouve également de nombreuses scènes mythologiques, notamment des représentations du dieu Ai-Apaec. Beaucoup de poteries sont aussi modelées avec une forme de tête humaine ou d'animal. L'art Moche, influencé par le Chavín et le Cupisnique, marque toutefois un progrès considérable par rapport à ceux des cultures antérieures. Les sculptures et les dessins sont fins et réalistes, parfois ornés de nacre, pièces en os, voire d'or. Dans la dernière phase de la culture Moche, les céramiques prennent un ton plus sombre jusqu'au noir, annonciateur de l'art Chimú.

 

Les personnes importantes se faisaient parfois sculpter des céramiques à leur effigie. Les "portraits" ainsi retrouvés montrent souvent une expression particulière comme le rire, la colère ou la réflexion, reflétant certainement la personnalité de leur propriétaire.

 

La découverte de vases représentant des têtes typées mongoles ou africaines a amené certains chercheurs à penser que les Moches aient eu des contacts avec des peuples chinois ou d'Afrique noire. Pourtant, aucune trace d'artefact Moche n'a été découverte dans ces régions, pas plus que des objets asiatiques ou africains dans les Andes. Cette théorie reste donc largement hypothétique.

 

On distingue généralement cinq phases ou périodes caractérisées chacune par un style artistique qui se retrouve principalement sur les céramiques. Selon ce découpage, les deux premières phases correspondent au Ier siècle av. J.-C. et au Ier siècle après J.-C. Il ne s'agit donc pas encore à proprement parler de la culture moche, mais plutôt des cultures Vicús, Salinar et Gallinazo. Les phases 3 et 4 s'étendent du IIe au Ve après J.-C., et enfin la phase 5 s'étend du VIe au VIIIe siècle.

 

 


 

 

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Published by openyoureyes - dans HISTOIRE-ARCHEOLOGIE
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commentaires

lasorciererouge 02/07/2014 23:11

http://www.dailymotion.com/video/x20mwef_sur-la-piste-des-nazcas_webcam

lasorciererouge 10/09/2013 20:12

http://www.dailymotion.com/video/xpjwvm_les-lignes-de-nazca_news?start=8

openyoureyes 10/09/2013 22:57

Me semble qu'il est présent sur le blog, mais je rentre tard en ce moment, du mal à trouver le temps de tout vérifier/regarder.. je lit néanmoins tout tes commentaires même si je ne prend pas toujours le temps d'y répondre..

Je met le docu de côté et vérifierais ça plus tard.

Portes toi bien.

Citation

« Il fut débattu puis décidé que la peur devrait être propagée et entretenue au niveau mondial afin que l’attention reste cristallisée sur le négatif tout en empêchant l’expression positive de l’authenticité.

 

Tandis que les gens deviendraient de plus en plus craintifs et manipulables, leur capacité à penser librement et à exprimer leur authenticité décroîtrait.

 

Le contrôle de l’esprit interdisant clairement toute expression de l’authenticité, l’évolution de l’esprit humain diminuerait ainsi en même temps que la liberté de penser, lors que celle-ci fait l’objet d’un continuel bombardement alliant terreur et négativité. »

 

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