Marion Larat a déposé plainte vendredi contre le laboratoire pharmaceutique
Bayer, producteur de la pilule troisième génération Méliane pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine". Le directeur de l'agence nationale de sécurité du médicament
(ANSM), qui n’avait pas retiré le contraceptif de la vente malgré des présomptions de risques et le principe de précaution, est également visé. C’est une première en France.
L’objectif ? "Sensibiliser la population aux dangers de la pilule" explique son avocat, Me Coubris, qui a déjà défendu les victimes de l’affaire du Mediator. Et ce dernier de s’interroger :
"Pourquoi les pilules de troisième génération, qui sont plus coûteuses, plus dangereuses et pas plus efficaces que les précédentes, demeurent-elles sur le marché ?"
Les pilules de 3e génération ne seront plus remboursées en septembre 2013
Plus d'une cinquantaine sur la marché
Une chose est certaine : apparues sur le marché au début des années 90, les pilules de troisième génération sont plus
d’une cinquantaine sur le marché. Quatre sont notamment commercialisées par le laboratoire Bayer (Meliane, Melodia, Moneva et Phaeva).
Les risques de phlébite et d’embolie pulmonaire sont connus et la logique veut que chaque jeune femme utilisatrice doit être examinée pour éviter les contre-indications. André Larat, le père
de Marion, regrette qu’"il n'a jamais été proposé à sa fille un dépistage. Le protocole veut aussi qu'on lui demande ses antécédents familiaux et ça n'a pas été fait".
A l’ANSM, contactée par BFMTV.com, on insiste sur le fait qu’au mois d’octobre dernier, il a été recommandé de ne la prescrire uniquement si les pilules de première et seconde générations
n'étaient pas tolérées. Cela n’explique pourtant pas les graves accidents subis par les jeunes filles citées par Le Monde.
10.000 plaintes aux Etats-Unis
Surtout, si la question apparaît au cœur de l’actualité en France aujourd’hui, elle intervient au beau milieu d’un débat mondial. Aux Etats-Unis, où le New-York Times évoque le chiffre de
"10.000", mais aussi en Europe (Allemagne, Suisse), des plaintes ont déjà été déposées contre l’Allemand Bayer en raison d’effets secondaires graves.
D’autres seraient en préparation. Le laboratoire pharmaceutique a déjà évité un procès en janvier 2012 aux
Etats-Unis à la suite d’une médiation avec les plaignantes. Comprendre une forte indemnisation.
En France, aucun recensement n’existe. Le Monde parle d’une "cinquantaine de morts par an" en lien direct avec la prise de contraceptif oraux pour environ 1,8 million
d’utilisatrices.
Surtout, le lien entre accident cardio-vasculaire et pilule contraceptive n’est pas toujours établi. La plainte de Marion préfigurera peut-être du point de départ d’un nouveau feuilleton
sanitaire.