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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 11:04
Les messages secrets de « La Flûte enchantée »

Source : Philippe Benhamou

 

© Philippe Benhamou (adapté des Grandes Enigmes de la Franc-maçonnerie ed. First 2007)

 

Un soir de première au Theater auf der Wieden

 

La salle est comble, ce soir du 30 septembre 1791. Bourgeois, commerçants, ouvriers, valets et servantes, tous se pressent au guichet du Theater auf der Wieden, car Mozart va diriger la première de La Flûte enchantée. Depuis plusieurs mois, Emanuel Schikaneder, l’ami de Mozart, comédien, chanteur et surtout directeur du théâtre, tente de garder le secret sur l’histoire de cette Flûte enchantée qu’il a montée avec sa troupe. Mais les rumeurs ont déjà circulé. Il paraît que cette fois, il y aura encore plus de surprises : costumes et décors insolites, machineries de théâtres toujours plus extravagantes. Une histoire pleine de rebondissements avec des farces comme le public les aime, mais aussi de l’amour, du tragique et du mystère. Côté décor justement, les spectateurs ne vont pas être déçus puisque Schikaneder a mis en scène un serpent géant, des temples égyptiens, des palmiers, des animaux sauvages et même, paraît-il, un volcan et des cascades !
 
Mozart est arrivé tôt. Il est passé au théâtre pour apporter aux musiciens la partition de l’ouverture qu’il a terminée dans la nuit. Puis il a rejoint la troupe dans l’auberge qui jouxte le théâtre. Ensemble, ils ont déjà arrosé cette première. Tout est en place. Emanuel Schikaneder a endossé son costume de scène fait de plumes multicolores qui le fait ressembler à un perroquet. Josepha Hofer, la sœur de Constance, la femme de Mozart, ajuste la robe bleu nuit et argenté de la Reine de la nuit. On lui a dit en plaisantant qu’elle ressemblait à la grande Marie-Thérèse, l’archiduchesse d’Autriche, celle qu’on appelait « l’Impératrice », celle qui a profondément marqué de sa main de fer la vie de la capitale autrichienne. La jeune Anna Gottlieb se chauffe la voix. Elle ne sait pas, bien sûr, que le rôle de Pamina qu’elle s’apprête à chanter va être le plus important de sa carrière - elle n’a que 18 ans !
 
Mais le temps presse, il est 19 heures et, du pupitre, Mozart fait retentir les premiers accords de l’ouverture. Tout d’abord un accord franc et violent, suivi de deux accords, puis de deux autres accords. Une cadence donc basée sur le nombre cinq. Puis vient une fugue franche et rythmée qui se termine par une triple batterie de trois accords. Une cadence en cinq coups, trois accords en mi bémol, tonalité comportant trois bémols à la clef. Les amis francs-maçons de Schikaneder et Mozart, assis dans le public, sourient et s’échangent des clins d’œil complices. Cinq, le nombre du compagnon, trois celui de l’apprenti, trois fois trois celui du maître… On leur avait dit que cette Flûte enchantée leur serait familière.

Ça commence bien !
 

La franc-maçonnerie dans l’Autriche des Lumières

 

On connaît bien sûr le Mozart compositeur, et l’on sait que Mozart a été franc-maçon, mais on oublie souvent qu’il a été plus que cela. Il a été profondément marqué par la franc-maçonnerie et son œuvre, en particulier La Flûte enchantée, est empreinte des valeurs que la franc-maçonnerie du 18e siècle partageait avec la philosophie des Lumières.
 
Le destin de la franc-maçonnerie était, à cette époque, lié à l’attitude du souverain régnant à son égard. En Autriche, l’impératrice Marie-Thérèse protégeait la franc-maçonnerie. Elle la protégeait tellement qu’en 1738 la condamnation du pape Clément XII ne fut même pas publiée en Autriche. Avec cette protection, Vienne était devenue la capitale maçonnique de l’Europe de l’Est et le refuge de nombreux proscrits persécutés pour leurs idées par l’Église. Mais cette protection ne dure qu’un temps et Marie-Thérèse d’Autriche commence à soupçonner l’unique loge viennoise de conspirer contre son pouvoir. Elle leur envoie la police, les frères sont arrêtés, puis rapidement relâchés faute de preuves. Il semble surtout que Marie-Thérèse d’Autriche était lassée des frasques de son époux. Elle le soupçonnait de se servir de la franc-maçonnerie comme alibi pour vivre tranquillement une vie extra- conjugale débridée, lui qui, par ailleurs, lui avait fait seize enfants ! Mais l’attitude de Marie-Thérèse d’Autriche jeta le discrédit sur la franc-maçonnerie, qui traversa alors une longue période de disgrâce.
 
La franc-maçonnerie fut réinstallée et protégée par son fils, l’empereur Joseph II, à partir de 1780. Ce fut alors l’âge d’or de la maçonnerie autrichienne. Phénomène de mode, attrait pour la nouvelle philosophie des Lumières, toute l’élite culturelle de Vienne est membre d’une loge. Les francs-maçons ne se cachent plus et organisent même régulièrement de grandes réunions publiques et des concerts de charité.
 

Frère Mozart, compositeur franc-maçon ou franc-maçon compositeur ?

 

Tenue de loge dans l'Autriche du 18e.
En bas à gauche, une main sur le cœur: Mozart

 

Le 14 décembre 1784, Mozart est initié dans la loge La Bienfaisance dirigée par Ignas von Born, qui fut certainement pour lui une sorte de père spirituel. Mozart va gravir très rapidement les degrés puisqu’il deviendra compagnon en mars 1785 et sera initié au grade de maître à peine un mois plus tard. Emanuel Schikaneder était, lui aussi, franc-maçon. Il fut initié en 1788 dans une loge de Ratisbonne. Mais, au contraire de Mozart, Schikaneder ne semble pas avoir été un très bon franc-maçon. Il est exclu de sa loge moins d’un an après son initiation. On ignore la raison exacte de ce renvoi. Une sombre histoire de malversation financière ? C’est probable, mais peut-être que son métier de comédien ne lui permettait pas de se libérer, ou qu’il était trop libertin pour fréquenter la fraternité. Toujours est-il qu’il n’a pas dépassé le grade de compagnon et qu’il ne possède pas toutes les connaissances maçonniques de Mozart.

 

Aujourd’hui, les réunions maçonniques s’organisent en suivant un rituel qui est souvent rythmé par la musique. Un membre de la loge est en général chargé de composer une sorte de programme musical et de lancer les disques au bon moment.
 
Au temps de Mozart, une petite formation musicale était chargée de jouer les airs dédiés à chaque événement de la loge. Mozart composa de nombreux morceaux de musique pour les cérémonies de loges. Il a ainsi fait cadeau à ses frères des cantates de La Joie des maçons, exécutée lors d’un banquet de loge à Vienne, de L’Ode funèbre , composée pour deux francs-maçons disparus, du Voyage du compagnon , écrit pour l’initiation au grade de compagnon de son propre père Léopold, et surtout de la cantate L’Éloge de l’amitié, qu’il composera juste avant sa mort.
 

Mais je n’ai jamais écrit d’opéra féerique…

 

C’est en mars 1791 qu’Emanuel Schikaneder propose à Mozart de monter ensemble un opéra basé sur Lulu ou la Flûte enchantée, une histoire féerique tirée des contes orientaux de Wieland. On rapporte que Mozart lui aurait répondu : « Mais je n’ai jamais écrit d’opéra féerique. » C’est vrai que les précédents opéras du compositeur, Les Noces de Figaro, Don Juan et Cosi Fan Tutte racontent de vraies histoires avec des personnages réels. Mais une lecture plus fine de ces trois œuvres a permis d’y déceler déjà des allusions à l’initiation maçonnique, éléments qui seront encore plus explicites dans La Flûte enchantée.
 
C’est certainement l’attrait de Mozart pour l’Égypte qui l’a poussé à accepter l’offre de Schikaneder. En effet, le livret de La Flûte enchantée va puiser également dans Sethos, roi d’Égypte, ancien conte égyptien de l’abbé Jean Terrasson qui met en scène un prêtre égyptien, ainsi que dans la pièce Thamos, roi d’Égypte du baron Gebler, que Mozart avait d’ailleurs mise en musique à la demande de l’auteur en 1773. Les titres montrent l’attrait de l’époque pour l’Égypte, alors considérée comme le berceau de toutes les connaissances et le lieu privilégié de tous les secrets. Mozart pensait, comme beaucoup de francs-maçons de son époque, que la source de l’initiation était à chercher dans la tradition égyptienne. C’est à cette époque qu’un certain Joseph Balsamo, plus connu sous le nom de Cagliostro, fonde, à Lyon, un rite égyptien en mélangeant magie, alchimie, spiritisme et même sorcellerie.


Ces pratiques étaient très à la mode et fascinaient les intellectuels du 18e siècle. Mais plus encore, Cagliostro va briser les tabous en fondant un ordre maçonnique acceptant les hommes et les femmes. Comme nous le verrons par la suite, Mozart était très sensible à un certain idéal concernant l’égalité entre les hommes et les femmes. Quant à Schikaneder, en habile directeur de théâtre qu’il était, il sait que le mystère peut rapporter gros. Il connaît son public et sait qu’il lui faut des histoires merveilleuses, du tragique et de la comédie, des effets spectaculaires et une musique enlevée et rapide, comme celle qui retentit à l’ouverture de La Flûte enchantée.

 

Le rideau se lève sur le mystère

 

À peine les derniers accords de l’ouverture sont-ils lancés que le rideau se lève sur un décor rocheux, parsemé d’arbres et entouré de collines infranchissables. Sur le côté, on aperçoit un temple circulaire. Sur la scène, Tamino, jeune prince en costume de chasse oriental, est poursuivi par un serpent géant. Le décor est en place, le conte de fées peut commencer

 
L’histoire se passe dans une lointaine contrée non précisée dans le livret. Aujourd’hui, on aurait dit, comme dans La Guerre des étoiles, « Long ago, in a galaxy far far away »… Mais au 18e siècle, ce n’était pas la peine d’aller si loin. Le costume oriental de Tamino suffit à situer l’action dans le monde mystérieux qu’était l’Égypte aux yeux des femmes et des hommes de l’époque. En plus d’être à la mode, situer une histoire dans un Orient encore inconnu et mystérieux permettait aux auteurs de se livrer à toutes les fantaisies
 
Sur la scène, Tamino désarmé implore les dieux puis s’évanouit devant la menace. Au moment où le serpent s’apprête à le dévorer, les portes du temple s’ouvrent comme par enchantement et trois dames voilées et armées apparaissent.
 
 
Trois dames sortant d’un temple ? Voilà encore une allusion qui fait sourire les amis francs-maçons de Mozart. Les francs-maçons, tout comme les adeptes des théories du complot, frétillent à la vue du nombre trois. Il est vrai que ce nombre est le nombre de l’apprenti franc-maçon.  Son âge rituel est de 3 ans. Le Grand Architecte de l’univers en qui les francs-maçons voient le principe créateur du monde est représenté par un delta lumineux (c’est-à-dire un triangle équilatéral). La marche de l’apprenti (c’est-à-dire la gestuelle rituelle) est composée de trois pas. La batterie (c’est-à-dire le battement rituel des mains) est composée de trois coups. Le nombre trois est donc un véritable signe de reconnaissance pour les francs-maçons et Schikaneder et Mozart le savent bien. Mais il ne constitue pas, en soi, un message secret, un dévoilement, ni une formule magique ou sacrée. La répétition de la référence au trois agit plutôt ici comme un indice qui semble dire au spectateur : « Même si ce qui va se passer par la suite va vous paraître incompréhensible, soyez attentif, car nous, Mozart et Schikaneder, y avons dissimulé un message dont vous devrez trouver le sens caché».  C’est en tout cas ce que montre habilement Jacques Chailley dans son livre La Flûte enchantée, opéra maçonnique.
 
 
Mais revenons sur scène : les trois Dames, servantes de la Reine de la nuit, tuent le serpent et disparaissent. Tamino se réveille et voit le serpent mort et un drôle d’individu habillé de plumes multicolores. C’est Papageno, joué par Schikaneder. Papageno est un homme simple, un peu menteur, qui se contente de ce que la vie lui apporte. Lorsqu’il fait croire à Tamino que c’est lui qui a tué le serpent, les trois servantes réapparaissent et, pour le punir de ses mensonges, lui clouent le bec avec un cadenas. Mais elles offrent surtout à Tamino le portrait de Pamina, la fille de la Reine de la nuit. Bien sûr, comme dans tous les contes de fées, Tamino tombe immédiatement amoureux de Pamina. La Reine de la nuit apparaît et lui apprend alors que sa fille a été enlevée par Sarastro, grand prêtre d’Isis et d’Osiris. Tamino lui promet de partir avec Papageno pour délivrer Pamina. Les trois dames offrent une Flûte enchantée à Tamino et un petit carillon à Papageno à qui elles rendent la parole. Trois jeunes garçons, beaux, doux et sages, sont chargés de les guider jusqu’au palais de Sarastro. Ainsi, le décor est planté, nos deux héros sont chargés de délivrer une princesse emprisonnée, jusque-là, rien de très original !
 
Le premier acte se poursuit dans une salle richement décorée dans le style égyptien. Un Maure nommé Monostatos tient Pamina prisonnière. Monostatos fait sortir les esclaves afin de rester seul avec Pamina. Inutile d’aller plus loin, les spectateurs ont bien compris les intentions de Monostatos. Mais Papageno arrive à ce moment et fait fuir Monostatos. Papageno révèle alors à Pamina qu’un beau prince va venir la délivrer et tous les deux entonnent un hymne à l’amour qui donne du sel à chaque jour de la vie et qui fait tourner la roue de la nature. De son côté, Tamino, toujours guidé par les trois jeunes garçons, arrive devant trois temples dédiés respectivement à la Sagesse, à la Raison et à la Nature. Tamino est refoulé des temples de la Raison et de la Nature, mais, à la porte du temple de la Sagesse, un prêtre lui dévoile que Sarastro n’est pas celui que lui a décrit la Reine de la nuit, mais un être de bonté et de lumière.
 

Coup de théâtre !

 

 

La vérité éclate : la Reine de la nuit a trompé Tamino ; Sarastro est un grand sage qui règne sur le monde de l’esprit et non le monstre qu’elle lui a décrit. Les rôles sont inversés : les gentils deviennent les méchants et les méchants les gentils ! Sarastro n’a pas enlevé Pamina, mais l’a plutôt protégée de l’influence néfaste de sa mère. La dernière réplique du premier acte revient à Sarastro : « Conduisez ces deux étrangers dans le temple des épreuves, couvrez-leur la tête, car ils doivent d’abord être purifiés ». Le rideau tombe. La Flûte enchantée pourrait s’arrêter là, mais l’histoire est juste suspendue. 

 
C’est l’entracte.
 

La Flûte enchantée singspiel ou opéra initiatique ?

 

Dans le théâtre, les commentaires vont bon train. Pour le public profane, La Flûte enchantée est avant tout un singspiel, c’est-à-dire un divertissement musical, une opérette, une comédie musicale plutôt qu’un opéra. Les airs alternent avec les parties parlées et les ballets. Mais dans ce singspiel plutôt léger et destiné à distraire, Schikaneder et Mozart ont introduit des thèmes profonds qu’ils ont médités en loge, avec leurs frères. Les francs-maçons discutent avec empressement de ce premier acte. Chacun y va de son interprétation sur une allusion, une évocation. Le temple dédié à la Raison, c’est le temple de la franc-maçonnerie ! Le soleil de Sarastro et la lune de la Reine de la nuit que Schikaneder a placée dans le décor ne sont-ils pas les mêmes que ceux qui ornent les temples ?  Certains pensent avoir reconnu, dans le personnage de Sarastro, Ignas von Born, l’ancien vénérable de la loge de Mozart, décédé deux mois plutôt. Mozart admirait von Born et il est certain qu’ensemble, ils avaient imaginé fonder un nouvel ordre maçonnique basé sur la tradition égyptienne et dans lequel les hommes et les femmes seraient à égalité devant l’initiation.

 

Mozart est très sensible au message universel diffusé par la franc-maçonnerie du Siècle des Lumières : l’amour est aux hommes ce que la gravitation est à la matière, une grande loi universelle qui assure la cohésion. Pour le public franc-maçon habitué à jouer avec les symboles, il est clair que La Flûte enchantée se présente comme un combat entre deux mondes dans lequel on peut voir une représentation symbolique de la lutte entre le bien et le mal, le jour et la nuit, la connaissance et la superstition. Pour les intellectuels du 18e siècle, l’issue de ce combat est certaine, c’est la victoire annoncée de l’esprit des Lumières.
 
Ces idées qui ne pouvaient que bousculer l’Europe du 18e siècle nous sont bien connues, car toujours au cœur des combats de société : l’égalité des hommes et des femmes, l’émancipation et la responsabilité des personnes, l’accès à la connaissance, l’amour et la fraternité humaine. Ils préparent l’avènement d’une spiritualité simple et naturelle, détachée des dogmes religieux et accessible à tous. Bien entendu, l’Église ne voit pas d’un très bon œil cette tentative d’émancipation, cette « audace de la pensée », pour reprendre les termes d’Emmanuel Kant pour qualifier l’esprit des Lumières.
 
L’entracte se termine, les spectateurs regagnent leur place. Mozart donne le coup d’envoi du second et dernier acte qui va intriguer les spectateurs par son côté mystérieux et énigmatique.
 

Un second acte réservé aux initiés

 

Le rideau se lève sur un décor bien différent de celui du début du premier acte. Ici, point de rochers ni de montagnes infranchissables. Les spectateurs découvrent sur scène une large palmeraie composée d’arbres d’or et d’argent qui rappellent le soleil et la lune. Au paysage désordonné du premier acte répond un paysage domestiqué où l’on reconnaît l’action de l’homme. La nature n’est plus un piège qui enferme Tamino, mais un lieu ouvert propice au recueillement. Schikaneder et Mozart ont fait placer des pyramides dans ce décor. Elles rappellent au profane que la scène se déroule bien sûr en Égypte, mais elles incitent les initiés à se plonger dans les fameux mystères égyptiens si chers à Mozart. Dix-huit sièges sont disposés d’une façon ordonnée. Ils attendent les prêtres qui vont apparaître en procession encadrant Sarastro. Dix-huit ! Encore un clin d’œil aux amis francs-maçons de Mozart : 18, soit 2 fois 3 fois 3, qui correspond à la batterie du grade de maître. La musique est moins légère qu’au premier acte. Les thèmes sont plus solennels. Nous sommes bien à la porte du temple
 
Aujourd’hui, comme au temps de Mozart, les nouveaux francs-maçons sont initiés lors d’une cérémonie au cours de laquelle les candidats vont subir des épreuves symboliques. Chaque épreuve est associée à un voyage et à un élément : la terre, l’air, l’eau et le feu. Au début du second acte de La Flûte enchantée, les prêtres avertissent les candidats des épreuves qui les attendent : « Celui qui emprunte cette voie pleine d’embûches /Sera purifié par le Feu, l’Eau, l’Air et la Terre/S’il sait surmonter la crainte de la mort/Il s’élèvera de la terre vers le ciel ! »

 

La première épreuve, associée à la Terre, est aussi appelée le « cabinet de réflexion », puisqu’elle ne se déroule pas en loge, mais dans un lieu sombre, censé être sous terre. Dans la pratique, point de cave ou de tombeau, mais de petites alcôves peintes en noir. En ce lieu, le candidat est appelé à méditer sur lui-même et sur ses motivations. Cette première épreuve est également associée à la mort puisque toute initiation, c’est-à-dire toute renaissance à une vie nouvelle, commence par une mort heureusement symbolique bien sûr ! Un crâne rappelle au candidat sa nature mortelle, les vanités de la vie et la brièveté de l’existence humaine. Dans La Flûte enchantée, Tamino va également subir l’épreuve de la terre qu’il comparera à une « abominable nuit ».

L’épreuve de l’air qui suit celle de la terre est annoncée dans La Flûte enchantée par la venue des trois enfants sur un char volant. La musique se fait légère, sans basse, comme suspendue dans les airs. C’est aussi lors de ce passage que Tamino joue de la flûte, instrument à vent, alors que Papageno, lui, joue d’un instrument à percussion. Comme Tamino et Papageno, le profane qui se présente aujourd’hui à la porte du temple maçonnique pour y être initié a les yeux bandés. Les impressions qu’il ressent sont d’autant plus fortes qu’il ne voit rien. De plus, lors des premières années, qui correspondent au degré d’apprenti, le candidat est soumis au silence. De la même façon, les prêtres demandent à Tamino et Papageno de se taire. Ce n’est plus le cadenas placé sur la bouche de Papageno pour le punir d’avoir menti, mais un silence accepté dans un serment que les deux hommes prêtent devant Sarastro.
 

Un poignard pour tuer le grand prêtre

 

Mais même si l’initiation de Tamino semble parfaitement se dérouler, le récit n’est pas pour autant terminé. En effet, la Reine de la nuit donne un poignard à sa fille Pamina et lui demande de tuer Sarastro. C’est le fameux air de la Reine de la nuit, connu pour ses vocalises aiguës, véritable prouesse artistique. La Reine de la nuit expose les griefs qu’elle a envers Sarastro : le spectateur découvre alors que le conte a commencé bien avant l’action de La Flûte enchantée. Son époux, et père de Pamina, ne lui a laissé en mourant que le pouvoir temporel et a fait don à Sarastro du pouvoir spirituel symbolisé par le cercle solaire. Pour la Reine de la nuit, seule la mort de Sarastro fera reprendre le cours normal de l’histoire. Mozart renoue alors avec un thème traditionnel du combat entre la lumière et l’obscurité.
 
Comme Tamino, ayant fait vœu de silence, ne répond pas à Pamina, celle-ci pense qu’il ne l’aime plus et s’enfuit désespérée. Mais elle est alors rassurée sur l’amour de Tamino par trois génies. Ensemble, Pamina et Tamino seront conduits par les prêtres vers leurs deux épreuves, celle du feu et celle de l’eau. Mozart gardera le mystère sur ces deux épreuves puisqu’il choisit de ne pas les mettre en scène. Seuls deux motifs du décor rappellent ces deux éléments, une cascade qui coule d’une montagne pour l’eau et un volcan pour le feu. Les initiés sont comblés, car les quatre éléments sont rassemblés sur scène et les profanes sont émerveillés une telle audace dans les décors. Pamina et Tamino reviennent victorieux et sont enfin accueillis par Sarastro et les prêtres comme des initiés.
 
Papageno, lui, n’entrera pas dans le temple. Amateur de plaisirs simples, il trouvera sa Papagena qui lui assurera plein de petits Papageno et de petites Papagena. Cependant, la Reine de la nuit et Monostatos cherchent à entrer dans le temple, la Reine de la nuit ayant promis sa fille Pamina à Monostatos. Mais leurs pouvoirs sont morts et ils disparaissent dans un éclair.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

La scène finale est baignée de soleil. Tamino et Pamina sont revêtus des habits des prêtres et c’est le chœur des prêtres qui conclut l’opéra par ces mots : « Gloire à vous qui êtes initiés !/Vous avez traversé la nuit !/ À toi, Osiris, et à toi, Isis ! Nous rendons grâce !/La force a triomphé et elle récompense la beauté et la sagesse d’une couronne éternelle. »

 

Des plaisirs simples et des trésors secrets

 

Si la Flûte enchantée commence comme un conte de fées, elle se poursuit comme un récit initiatique fortement inspiré des rituels maçonniques. Quel que soit le rite pratiqué, la cérémonie d’initiation met en scène des épreuves que devra subir le candidat. Ces épreuves se retrouvent dans le parcours que Tamino, puis Pamina, vont suivre à partir de cette scène. Car il semble de plus en plus évident que Schikaneder et Mozart ont mis en scène une cérémonie d’initiation maçonnique. Pourquoi ? Plusieurs réponses sont envisageables. Il est possible qu’ils aient voulu s’amuser à écrire une œuvre qui, comme disait Goethe à propos de La Flûte enchantée, « se prête à des lectures multiples, procurant un plaisir simple à la foule et livrant des trésors secrets aux initiés ». Pour les francs-maçons, La Flûte enchantée est donc une cérémonie d’initiation mise en musique, une sorte de puzzle familier où chacun retrouve ce qu’il a vécu quand il est entré dans le temple de la franc-maçonnerie pour la première fois.

Il est également possible que Schikaneder et Mozart aient voulu inscrire le rituel maçonnique dans une œuvre musicale pour l’offrir en cadeau aux générations futures. Il se peut aussi qu’ils aient eu envie de défier la censure et de montrer ainsi leur entière liberté. Ou alors il est également possible que Schikaneder, à court d’idées, ait décidé de s’inspirer de ce qu’il connaissait le mieux, le monde maçonnique et ses mystères, et de l’utiliser comme sources de revenus. Les deux actes de La Flûte enchantée semblent donc presque appartenir à deux histoires distinctes.

Une autre hypothèse est souvent avancée : au départ, Schikaneder avait imaginé la Reine de la nuit comme héroïne principale de l’histoire. Sa fille, Pamina, est enlevée par Sarastro, chef d’une fraternité mystérieuse. Mais alors qu’il termine la moitié du livret, Schikaneder se rend compte qu’un théâtre concurrent fait salle comble avec une histoire analogue. Il faut donc changer l’histoire. Après révision, les rôles sont inversés et Sarastro devient une figure noble ayant enlevé Pamina pour son bien et la Reine une représentante des forces du mal. Est-ce que Schikaneder et Mozart, pris par le temps, ont puisé dans ce qu’ils connaissaient le mieux, c’est- à-dire les rituels maçonniques, pour terminer leur histoire ? Est-ce qu’ils ont profité de cette réécriture pour faire passer un message ? Nul ne le saura jamais et cette thèse du remaniement tardif de La Flûte enchantée est elle-même contestée par les biographes de Mozart. Ce qui est sûr, c’est que c’est le génie de Mozart qui au final transforma ce livret qui n’aurait dû rester qu’un opéra populaire à succès en œuvre à la gloire du progrès de l’humanité, de l’amour et de la fraternité.
 

La transmission des connaissances sacrées

 

Le caractère maçonnique de l’œuvre de Schikaneder et de Mozart n’a pas été révélé tout de suite. C’est en 1857 qu’apparaissent les premières explications maçonniques de La Flûte enchantée et en particulier du second acte. Avant cette date, les historiens ont reconstruit l’histoire de Mozart et de ses œuvres, quitte à inventer des faits de sa vie, pour en faire un musicien génial, mais maudit, mort pauvre et abandonné. Les historiens modernes ont dû revenir aux faits historiques et ne pas se contenter des écrits précédents. De ce fait, le vrai Mozart apparaît certes toujours aussi génial, mais aisé et entouré de sa famille et de ses frères francs-maçons.

Le cœur de l’intrigue, qui n’apparaît à aucun moment sur scène, se passe donc bien avant le début de La Flûte enchantée. La fureur de la Reine de la nuit ne s’explique que si l’on comprend que c’est elle qui aurait dû hériter, après la mort de son époux, de la puissance spirituelle. Elle aurait pu alors transmettre cet héritage à Pamina qui aurait pu le transmettre à sa fille. Mais le lien est rompu par Sarastro et l’initiation de Tamino et de Pamina. Ce n’est donc plus un lien mère-fille qui devra assurer la transmission des connaissances sacrées comme dans les cultes anciens, mais un lien sexué, un lien homme-femme, où chacun occupe une place symétrique. Papageno renonce à l’une des épreuves, celle du feu. À défaut d’entrer dans le temple de la Sagesse, il rencontrera son double féminin, sa Papagena, et se contentera des plaisirs terrestres
 
Le nom de Papageno vient du mot perroquet (papagayo signifie « perroquet » en espagnol). Papageno, incapable de se taire, répète plus qu’il n’invente. Il ne vise qu’à reproduire les actes de la vie naturelle : manger, boire et aimer. Il ne sait pas tenir sa langue et n’hésite pas à mentir. Pourtant, bien sûr, le personnage est sympathique. Il peut représenter à la fois l’homme pour qui l’initiation n’est pas accessible parce qu’il n’en exprime pas la volonté, l’homme initié aux mystères de la vie et qui n’a pas besoin d’une initiation intellectuelle, ou encore notre part d’animalité (Papageno est revêtu de plumes, il n’a pas apparence humaine et la gravure du costume original de Papageno le montre en oiseleur et porteur d’une cage). Par cet élément, Schikaneder et Mozart ont peut-être voulu nous indiquer que tout homme porte en lui sa propre cage et qu’il devra combattre, accepter ou dompter son animalité pour accéder à une vie spirituelle.
 

À la recherche de l’homme nouveau

 

Mozart respectait profondément les gens du peuple, car il était proche d’eux. Mais il aspirait à autre chose et pressentait qu’un grand changement dans la société n’était possible que par une modification de l’homme. Il pensait, comme les francs-maçons éclairés de l’époque, qu’un homme nouveau était possible. Cet homme nouveau n’est pas à rechercher du côté de Papageno qui, avec sa Papagena, va engendrer une descendance qui leur ressemblera : « D’abord un petit Papageno !/Puis une petite Papagena !/Puis un autre Papageno !/Puis une autre Papagena ! » comme ils le chantent dans leur duo. Cet homme nouveau n’est pas à rechercher non plus du côté de Monostatos dont le nom semble être la contraction de « mono » (un) et de « statos » (statique, celui qui n’évolue pas).


Avec Monostatos, rien ne change et l’attirance qu’il éprouve pour Pamina n’est pas l’amour noble mis en valeur dans les idéaux maçonniques, mais l’instinct bestial. Avec Monostatos, l’homme est et reste un animal. L’avenir n’est pas non plus à rechercher du côté de la Reine de la nuit victime de ses passions incontrôlables.

 
L’homme nouveau serait-il alors Tamino ? Certainement, mais le message secret de Schikaneder et Mozart va plus loin, car Tamino n’est pas uniquement le héros d’un conte de fées qui surmonte les épreuves et rejoint sa belle princesse. C’est Tamino et Pamina, ensemble, qui triomphent des épreuves et entrent dans le temple de la Sagesse. L’homme nouveau est ainsi celui qui intègre sa part masculine et sa part féminine dans son être, qui réussit à réconcilier les forces opposées en les rendant complémentaires. L’homme nouveau est celui qui dépasse les antagonismes mis en scène dans La Flûte enchantée comme le combat terrible entre la Reine de la nuit et Sarastro. Il fait plus que les dépasser puisqu’il arrive à les unir. Dans les loges maçonniques, cette union est symbolisée par un triangle que les francs-maçons appellent le « delta lumineux ». Ce delta est placé entre le soleil et la lune qui représentent respectivement le masculin et le féminin, ou encore un principe actif et un principe passif. Accroché au sautoir du Vénérable maître, c'est-à-dire du président de la loge, ce triangle représente également les antagonismes nécessaires et féconds qu’il convient de concilier.
 

L’initiation égyptienne perdue

 

C’est ce secret que Mozart a senti dans les mystères de la tradition égyptienne et c’est ce secret qu’il met en scène dans La Flûte enchantée. Le delta rayonnant invite les francs-maçons à se rendre vers la conciliation de ces contraires. Plus encore, il représente un principe supérieur qui n’est ni la victoire de l’un sur l’autre, ni la suppression des antagonismes, mais le fruit de leurs épousailles. Pour Tamino et Pamina, ce fruit s’appelle Sagesse.

 
Mais La Flûte enchantée nous réserve d’autres surprises ; elle nous délivre un autre message incroyablement moderne. Mozart rêve d’aller au-delà de l’initiation maçonnique, il souhaite ressusciter l’initiation égyptienne perdue et si importante à ses yeux pour assurer la paix. Dans sa vision, les femmes et les hommes sont égaux sur tous les plans, y compris sur le plan initiatique. Certes, le livret de La Flûte enchantée regorge d’allusions peu flatteuses envers les femmes. On nous dit qu’il faut se méfier des femmes parce qu’elles sont fières, bavardes, menteuses, rusées et hypocrites. Rien que ça ! Mais il ne faudrait pas accuser Mozart ni Schikaneder de misogynie. La Flûte enchantée est aussi une farce et présenter les hommes comme soumis à la tyrannie des femmes a toujours été une bonne recette pour faire rire. Au-delà de cet effet comique, les auteurs posent clairement la question suivante : les hommes et les femmes sont-ils égaux du point de vue de l’initiation ? Dans le petit milieu de la franc-maçonnerie viennoise, l’initiation des femmes donnait lieu à de vifs débats. Les Français avaient, à leur façon, résolu la question en créant une maçonnerie, dite d’adoption, accessible aux femmes. Mozart avait certainement lu ou en tout cas ne devait pas ignorer La Vraie Maçonnerie d’adoption, cet ouvrage de Louis Guillemain de Saint-Victor, paru en 1779, qui fixe les règles de cette maçonnerie féminine. Alors que le nombre trois est associé à la maçonnerie masculine, le nombre cinq devient celui des femmes maçonnes. Ainsi, on peut lire dès le début du livre : « Tout commandement se fait par cinq coups de maillet : ouverture, clôture de la loge… » Dans cette maçonnerie d’adoption créée par les hommes, les degrés et les symboles sont adaptés à la sensibilité féminine, ou plutôt à ce que les hommes du 18e imaginent. Ainsi les valeurs liées à la maternité, à la fidélité et à la charité sont-elles mises en avant. La maçonnerie d’adoption est très orientée sur l’organisation d’œuvres caritatives. Cette maçonnerie féminine organisée par les hommes pour les femmes permettait donc aux femmes d’être initiées presque comme les hommes. Mais ce « presque » gênait Mozart, partisan de l’égalité des sexes sur le plan initiatique. Certains auteurs se sont risqués à avancer que Ignas von Born et Mozart projetaient de fonder un nouvel ordre maçonnique inspiré des Illuminés de Bavière et des loges d’adoption française qui initiaient les femmes. D’autres sont même allés jusqu’à imaginer que Mozart serait mort empoisonné parce qu’il projetait de créer cet ordre jugé subversif. Hypothèse ou réalité ? Les faits historiques ne permettent pas de conclure. Mais Mozart était un visionnaire. Il fallut en effet attendre presque un siècle pour qu’en France, une femme, Maria Deraisme, soit initiée dans une loge maçonnique masculine et fonde l’obédience mixte Le Droit humain, encore aujourd’hui principale obédience mixte internationale.
 

Voici qu’entre Sarastro…

 

Lorsque La Flûte enchantée est présentée à Vienne, l’annonce de la Révolution française a déjà bouleversé les cours européennes. Les philosophes des Lumières, les francs-maçons et tous ceux qui combattent les pouvoirs en place sont suspectés de vouloir renverser les monarchies. En Autriche, après des années de protection, L’empereur dissout plusieurs loges à Vienne. Mozart avait compris très tôt que les Lumières qui l’avaient tant éclairé ne brilleraient peut-être pas toujours avec autant d’éclat. A-t-il voulu alors par La Flûte enchantée nous transmettre ce message de tolérance, d’amour et d’espérance ? Sans aucun doute. Tamino et Pamina entrent dans le temple, la main dans la main, non pas pour se marier et avoir beaucoup d’enfants comme dans tous les bons contes de fées, mais pour cheminer en semble sur le chemin de la sagesse.
 
L’opéra se termine sur un chœur qui chante la victoire des lumières sur les ténèbres. Les trois accords de la fin répondent aux trois accords de l’ouverture. Ils sont suivis par une dernière note qui jaillit comme un élan, comme un cri d’espérance. Un court silence suit, comme le temps de reprendre sa respiration, puis les applaudissements crépitent qui dureront longtemps, très longtemps.
Les spectateurs du 30 septembre 1791 ne savent pas qu’ils viennent de vivre un moment historique. La Flûte enchantée fut un triomphe immédiat et, aujourd’hui encore, il est l’un des opéras les plus joués au monde. Les spectateurs de la première de La Flûte enchantée ne savent pas non plus que Mozart, malade et trop fatigué pour quitter son lit, ne dirigera que les deux premières représentations. Il reviendra cependant plusieurs fois au Theater auf der Wieden et se mêlera au public populaire qu’il aimait tant.

Huit jours après cette première représentation, Mozart écrit cette étrange phrase à sa femme Constance : « La Flûte enchantée a été un grand succès, mais ce qui me fait le plus de plaisir, c’est le succès par le silence. »

Il mourra quelques mois plus tard pendant la soixante-septième représentation de La Flûte enchantée à l’âge de 35 ans. Mais ce que ne savent pas les spectateurs des représentations qui ont suivi la première, c’est que jusqu’au bout Mozart, de son lit, suivait en pensée toutes les représentations, disant : « C’est l’heure de l’air de la Reine de la nuit… Voici qu’entre Sarastro… »
 
 
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Published by openyoureyes - dans HISTOIRE-ARCHEOLOGIE
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melanie 05/01/2017 23:34

Bonjour !
Je m’appelle melanie, je veux partager avec vous mon histoire. Il y a de cela 2mois environ, c'était le calvaire entre mon mari et moi . Les disputes entre mon mari et moi se répétaient jusqu'au jour ou il quitta la maison. Suite à cela jai parlé avec une amie qui m'a donné les adresses du puissant pratiquant de la margis le maitre amankpé à qui je devais m'expliquer. Comme j'aime encore mon mari j'ai contacté ce puissant pratiquant qui m'a promis de me le faire revenir pour toujours. J'ai passé à quelques rituels et bizarrement dans les sept jours à suivre mon époux est revenu en me suppliant de lui pardonner pour tout ce qu'il a pu me faire et bien sur on s'est réconcilié. Ce fut un véritable miracle dans ma vie. on na passer la fête ensemble s'etais bien
Alors pour tous vos problèmes (ruptures amoureuses ou de divorce, maladies, chance, stérilité, problème de blocage, d'attirance de clientèle, problème de chômage, portefeuille magique etc...) je vous conseille de faire comme moi.
Je vous assure que vous trouverez la satisfaction avec le maitre amankpé; voici son mail: maitreamankpe@gmail.com

ou appelé le directement sur whatsapp numéro téléphone 00229 94 93 64 59

anais 02/09/2016 15:41

1 DE PLUS DANS VOTRE VIE























































































































































































J'ai envie de me dévoiler un peu pour vous. Histoire de comprendre un peu mieux LA VIE et que le MAL EST A COTE DE VOUS
J'ai 36 ans, maman de 3 enfants. J'avais tout pour être heureuse. Une belle maison avec grand jardin, 3 enfants magnifiques, et un travail avec bon salaire.
J'avais tout pour être heureuse, mais je ne l'étais pas. Mais POURQUOI ???
L'année dernière , après plusieurs épisodes de dépressions, j'ai fait un gros burn-out. Je me suis retrouvée incapable d'aller travailler, je me suis alors retrouvée à la maison , 1 semaine, 2 semaines, 1 mois.
C'est alors que je me suis dit il fallait chercher le POURQUOI , je suis allée sur un site d'annonces et de nombreux témoignages font référence à sa médiumnité et je l'ai contacté il est un voyant formidable, un voyant qui m'a ouvert les yeux sur beaucoup de choses qui n'allaient pas dans mes relations sociales , sentimentales car mon mari grondait sur moi et faisait sa tete et Eric m'a dit que mon problème c'est une COLLEGUE de service . J'ai dit QUOI et j'ai suivi ce qu'il m'a dit et cette collègue s'est dévoilée et m'a présenté des excuses comme l'a dit cet grand et formidable voyant . A présent tout est redevenu NORMALE et je suis TRES HEUREUSE
Je vous laisse son mail : levoyanteric@yahoo.fr Merci Eric de votre capacité indéniable à voir l'avenir et les êtres tels qu'ils sont ! Je vous le recommande à 100%!!

Citation

« Il fut débattu puis décidé que la peur devrait être propagée et entretenue au niveau mondial afin que l’attention reste cristallisée sur le négatif tout en empêchant l’expression positive de l’authenticité.

 

Tandis que les gens deviendraient de plus en plus craintifs et manipulables, leur capacité à penser librement et à exprimer leur authenticité décroîtrait.

 

Le contrôle de l’esprit interdisant clairement toute expression de l’authenticité, l’évolution de l’esprit humain diminuerait ainsi en même temps que la liberté de penser, lors que celle-ci fait l’objet d’un continuel bombardement alliant terreur et négativité. »

 

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