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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 18:49

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Les courts métrages accusant une longévité aussi insolente que celle de L’Île aux Fleurs se comptent sur les doigts de quelques mains. Sinon moins. D’autant plus rares sont en outre ceux qui, au-delà de leur succincte efficacité, auront autant alimenté les plumes que le pamphlet filmique de Jorge Furtado. Culte, donc. Mais que reste-t-il à en dire?

 

 



LES TOMATES, LES PORCS ET LES ETRES HUMAINS

 

En quinze ans, les douze minutes de L’Île aux Fleurs, dévastateur court métrage avant-gardiste de Jorge Furtado, n’ont pas pris une ride. Tous ceux qui l’ont vu (et bien souvent revu ad nauseam) le savent: en dévoiler les rouages serait le trahir et mettre à mal l’effet de surprise qui régit le film. Et puis, comment résumer ces douze minutes? On pourrait, par exemple, choisir comme fil rouge, la tomate, et dire que ce film montre l'itinéraire de ce "végétal, plante de la famille des solanacées", de sa cueillette jusqu'à sa consommation en passant par sa vente et sa préparation culinaire. Les mauvaises tomates sont jetées aux ordures, et finissent dans la décharge de l'Île aux Fleurs. Dès lors, que faire? Résumer les choses par le pitch malin suivant, archi-usité sur Internet: "Une tomate est plantée, récoltée, vendue avant de finir à la décharge de l'Île aux Fleurs parmi les porcs, les femmes et les enfants. Quelle différence y a-t-il entre les tomates, les porcs et les êtres humains?". Ici, on en dit à la fois trop et pas assez. Les enjeux apparaissent trop facilement, et parfois de façon pas complètement pertinente (la différence entre les tomates, les porcs et les êtres humains devient-elle vraiment claire dans ce film?) et l’humour paradoxal inhérent au film est déjà dynamité. Une autre formulation circule: "M. Suzuki est Japonais. C'est donc un être humain. Il plante des tomates non pas pour les manger mais pour les échanger contre de l'argent à un supermarché. A partir de là, nous suivons le trajet de l'une de ces tomates, qui va échapper à la sauce d'un plat de porc familial pour finir à l'authentique décharge de l'Île aux Fleurs, au Brésil". En reprenant rapidement la structure du film, on conserve l’ambition de la démarche. Mais, une fois encore, en révélant le fin mot de l’histoire, on enlève énormément de pouvoir au film. Un pouvoir idéologique et émotionnel nécessitant pour sa première vision une absolue virginité. Après tout, que faut-il savoir a priori d’un court métrage? Le temps joue pour lui.


Douze minutes, donc. Douze minutes d’une formidable évidence. Douze minutes qui suffisent pour mettre en branle les rouages indéfectibles du commerce mondial. Douze minutes d'images agrémentées de commentaires d'un humour implacable. Jusqu'à la fin où tout le monde arrête de rire. Furtado joue avec des idées simples ("l'être humain se distingue des autres animaux par son télé-encéphale hautement développé et son pouce préhenseur"); des images décalées (le champignon atomique pour illustrer les capacités intellectuelles et techniques de l'être humain); des slogans bien pesés ("se souvenir c'est vivre"); des élucubrations moins innocentes qu'elles n'y paraissent (l'invention de la monnaie), pour simplement dévoiler les aberrations d'un système commercial mondialisant qui se prétend parfait et porteur de richesses. Outil de réflexion sur les dérapages qui apparaissent dans une société lorsque l'être humain n'est plus prioritaire, L’Île aux Fleurs, depuis 1989, n’a jamais su, sans surprise, être détaché de sa condition d’objet démonstratif pour devenir le véritable support d’analyse cinématographique qu’il est également – avant tout? Soyons concrets et faisons comme tout un chacun soucieux de s’informer: "googlons" L’Île aux Fleurs. La moisson du célèbre moteur de recherche de la bibliothèque mondiale la plus dynamique du monde est révélatrice: le film de Furtado se glisse allègrement au sein d’une multitude de programmes de courts métrages dans lesquels il est référencé, au milieu d’autres courts engagés, souvent dans le cadre d’un meeting d’Attac ou d’alters de tout poil. Mieux, L’Île aux Fleurs s’est à ce point institutionnalisé que la photo d’accompagnement la plus courante, d’un cochon mort et ficelé, certes dérivée du film, n’est pas tirée de l’un de ses photogrammes! De fait, pour beaucoup, Furtado, quand on pense à citer son nom, est le réalisateur de cet unique film, couronné de pas moins de 17 prix, dont les plus prestigieux sont l’Ours d’Argent au Festival de Berlin en 1990 ainsi que les prix de la presse et du public au Festival de courts métrages de Clermont-Ferrand en 1991. Rendons donc à César ce qui appartient à Jorge. Furtado est né en 1959. Après des études de médecine, de journalisme et de sculpture, il a travaillé à la télévision (TVE, Rio Grande do Sul) comme reporter, animateur, programmateur et chargé de production. Directeur au Musée de la Communication de l’Etat de Rio Grande do Sul de 84 à 86, il collabore à la Tele Globo et est aujourd’hui l’un des membres actifs de la Casa de Cinema de Porto Alegre.


LE FACTEUR CHEVAL

Mais une politique des auteurs de courts métrages n’étant pas pour demain, un constat s’impose: le parcours d’une tomate brésilienne produite dans les plantations d’un certain M. Suzuki à Porto Alegre, vendue en supermarché, où une certaine Mme Anete l’achète, puis la jette aux ordures, avant d’atterrir finalement sur l’Île aux Fleurs, serait donc suffisamment clair pour se suffire à lui-même. Systématique et grinçant, démontrant la vanité de l'économie de marché et la sous-humanité qu'elle entraîne, le film de Furtado est pourtant complexe et ne cesse de prendre le spectateur à rebrousse-poil. "Ceci n’est pas un film didactique, pourrait-on dire, à la Magritte", écrit Jacques Kermabon dans le numéro 9 du magazine Bref. Et il est vrai qu’à l’image de la fameuse pipe du peintre, L’Île aux Fleurs est en quelque sorte un film Canada Dry: ça ressemble à un film didactique, mais c’est une diatribe politique. Ça ressemble à de la pataphysique, mais c’est de la logique capitaliste. Ça ressemble à un morceau d’absurdité digne des Monty Python, mais c’est au contraire la chose la plus sérieuse du monde. Le timbre monocorde (quel hérétique envisagerait de remplacer cette mythique VF par son introuvable VO?) qui accompagne la démonstration semble échappée d’un reportage sur-dramatisé made in M6, débitant des généralités et des lapalissades, et pourtant le faux cynisme qu’il travestit charrie davantage que les ravages de l’obésité/la chirurgie esthétique/la jet-set Zone-Interditéens. De retournements en glissements, le film de Furtado met en route la douche écossaise, ce rire caustique qui s’étrangle dans notre gorge aussitôt après avoir été suscité. Pourtant, le parcours semble balisé, enchaînant séries de définitions encyclopédiques sur séries d'animations à la Gilliam, suscitant instantanément un comique de l'absurde; or, l'absurde n'est pas celui du discours de l'auteur, mais du monde dans sa rationalité même.


Ne serait-ce que son titre, L’Île aux Fleurs, joue la carte de l’antiphrase. Nom poétique évoquant les parfums et les couleurs du paradis (pour l’anecdote, c’est également le surnom que les Indiens Arawaks avaient donné à la Martinique), mais où viennent échouer tous les détritus de la ville voisine – qui, au passage, n’est autre que Porto Allegre, coïncidence transformant ce film de 1989 en constat terriblement actuel. D’ailleurs, les seules fleurs qui nous seront données à voir sont soit factices, sur des tapisseries kitsch, soit écrasées pour extraire des parfums, que Madame Anete échangera contre de l’argent, avec lequel elle pourra acheter des tomates et ainsi de suite. Le cycle infernal de la société de consommation et d’exclusion est ainsi montré, faisant naître l’indignation, le dégoût et la révolte. Et pour être hautement démonstratif sur ce point, Furtado exploite les "ficelles" du genre qu’il parodie, à savoir le film didactique, et s’échine à reproduire par la forme ce que le fond tend à nous faire comprendre. On semble suivre un fil, puis la description échoue, et l’on passe au plat suivant. Tout est fait pour brouiller les pistes et ménager au maximum le suspens avant la surprise finale. "On ne sait pas très bien où l’on va, écrit Kermabon. On revient sans cesse sur les mêmes choses, en particulier sur cette supériorité de l’homme: son ‘encéphale hautement développé et son pouce préhenseur’. Les images sont hétérogènes, mêlant des scènes de documentaires, des portraits (individuels et de groupe), des séquences d’archives, des schémas, des collages où l’image tressaute comme un flipper électrique. L’Île aux Fleurs, c’est le chaos du monde filmé et classé par une sorte de facteur Cheval du documentaire qui […] brasserait un bric-à-brac de données platement objectives sur fond d’ironie et de lucidité pessimiste". La comparaison tombe juste: tout comme le facteur Cheval, ce postier un peu fou qui, tous les matins, pendant sa tournée, ramassait des cailloux sur son chemin afin d’ériger un gigantesque château, Furtado ne fait pas ses collages à l’aveugle. Tout cela est pensé, réfléchi, dans un but précis: la décharge de l’Île aux Fleurs, où les plus pauvres sont nourris après les porcs. Dernier mot pour Kermabon: "La charge est d’autant plus forte qu’elle s’inscrit dans le normal, la vérité, la logique du monde, décrit avec cet humour qui est, comme chacun sait, la politesse du désespoir. Et la dénonciation est d’autant plus efficace que l’horreur n’est pas dite mais nous saute à la gorge".


BRAZIIIIL, LALA-LALA-LALA-LALAAA…

Film-pamphlet, fable, pastiche, renfermant une profusion d'images, de construction protéiforme à l'humour la fois simple et ravageur, à la logique étrange et imparable, L’île aux Fleurs est fait pour secouer. Aussi sa concision le sert-il parfaitement. Le film progresse sur une courbe fluide et inexorable, d’un premier carton, classique: "Ceci n'est pas une fiction", à un dernier, beaucoup moins conventionnel: "Dieu n'existe pas". Personne ne contestera la première affirmation et, douze minutes plus tard, difficile de nier que la deuxième est plus que probable. Et c’est parce que le film se permet d’aller jusqu’au bout de sa logique qu’il est à ce point à même de donner de l’ampleur, du poids, à son propos. Si L’Île aux Fleurs est à ce point increvable, c’est sans doute moins par son fond que par l'inéluctabilité de sa construction. Certes, L’Île aux Fleurs n’est pas une fiction, et tant pis si le spectateur habitué aux poncifs du dispositif cinéma s’attend, à la vision des premières images à ce qu’il en soit une. Certes, en tant que parodie du documentaire classique, ce court métrage reste très facilement accessible et n’exige pas forcément une grande activité de la part du spectateur, qui subit plus qu’il n’agit. Mais au-delà de ce premier degré, de l’étude que l’on peut en faire comme d’un document sur les structures économiques, un second degré d’analyse en tant que démarche cinématographique originale est à prendre en compte. Pour ce faire, revenir sur la genèse du film paraît nécessaire. Car, aussi étonnant que cela puisse paraître, ce petit chef-d’œuvre dont l’inventivité coupe le souffle est un film de commande. En 1989, Jorge Furtado est chargé par l’université de Rio Grande do Sul de réaliser une vidéo sur le traitement des déchets. Choqué par ce qu’il découvre tout près de chez lui (il vit à Porto Alegre), il met huit mois pour écrire un scénario auquel il donnera cette forme étonnante, inattendue, sardonique, comme si, pour lui, la dérision était le seul moyen d’avancer face à une réalité à ce point tragique et honteuse.


"J’ai voulu montrer à un visiteur inter-planétaire comment est la Terre. Caetano Veloso dit de la baie de Guanabara que nous ‘sommes aveugles de tant la voir’. J’ai fait la même chose avec la misère brésilienne. Nous sommes devenus insensibles à force de la voir sans cesse", déclare-t-il. Douzième puissance économique mondiale, le Brésil jouit pourtant d’une relative réussite macroéconomique. Un revers, toutefois, à ce tableau faussement idyllique: le développement social n'a pas suivi le développement économique et le Brésil est passé du 50e au 70e rang dans la classification par indicateur du développement humain, qui intègre le taux d'alphabétisation, la mortalité infantile et le niveau des revenus. Le problème le plus grave est sûrement celui de la faim; il touche 22% de la population. Dans ces conditions, le cinéma, et les arts en général, sont évidemment des activités plus que secondaires. Or, dans le cas qui nous intéresse, la démarche de production même est déjà exceptionnelle. Ainsi un groupe de douze cinéastes, réunis sous la bannière de la Casa de Cinema de Grande do Sul, s’est constitué afin de permettre au cinéma gaucho de renaître, dans des conditions quasi-artisanales, ainsi résumées pour le collectif: "Depuis la fin des années 1970, il existe à Porto Alegre, capitale de l'Etat du Rio Grande do Sul, un groupe de personnes qui produit des films avec peu d'argent, mais dans un esprit de collectivité et de coopération qui est notre principale richesse". Cette fondation est aujourd’hui responsable du plus grand concours de projets de films de long métrage à l'heure actuelle au Brésil et produit de nombreux courts métrages pour le cinéma et la télévision. Il faut savoir qu’à l’époque de la création de la Casa, le président du Brésil, Collor de Melo, démantela la structure chargée de soutenir la production cinématographique, hypothéquant du même coup l'Histoire du cinéma brésilien. Luciana Tomasi, l’un des participants de cette aventure, écrit: "Plutôt que de jeter l'éponge, nous avons mis en place le projet: 'On les emmerde'. Notre idée était qu'il fallait faire un film, malgré notre compte courant à sec, malgré le gouvernement, malgré l'envie de laisser tomber la Maison du Cinéma et de rentrer chacun chez soi. Nous avons donc organisé un concours interne de scénarios et pris la décision de faire un film sur l'histoire d'une tomate que les porcs refusent de manger et qui finit par servir d'aliment à des êtres humains. Ce film, intitulé L’Île aux Fleurs, tourné sans argent ou presque, a reçu des prix dans les festivals les plus importants de la planète et est encore l'un des plus vendus par la Maison du Cinéma à l'heure actuelle". De fait, la Casa de Cinema fait figure d’îlot de résistance au milieu de la production brésilienne, même si, comme Furtado le dit lui-même: "En fait, le cinéma brésilien est entièrement indépendant. Cette idée de production indépendante est un peu bizarre pour nous parce qu’ici toute production est indépendante. […] Alors sommes-nous un groupe de résistance? Oui et non, parce que nous continuons à faire des choses que nous aimons, auxquelles nous croyons. Nous essayons de réaliser des films par tous les moyens et de tous les genres. Et surtout parce que nous voulons faire du cinéma là où cela est presque absurde. Faire du cinéma dans le Tiers-Monde est une folle entreprise".


LA THEORIE DU POULET

Ainsi, si à l’analyse L’Île aux Fleurs pourrait échapper à l’appellation de film expérimental, une fois remis en contexte, le film de Furtado sonne comme un petit miracle. Les esprits chagrins ne manqueront pas de déceler quelques facilités dans la construction du court métrage. Si, à première vue, le spectateur est pris à revers par la fin, il y est toutefois préparé. Si l’on s’en tient aux toutes premières images du film, effectivement, difficile de deviner la chute. Pourtant, les signes de cette noirceur à venir ne tardent pas à se montrer. La bombe atomique, notamment, arrive très tôt dans le métrage. Et déjà naît l’idée que l’on a mis les pieds dans quelque machinerie plus torturée qu’en apparence. Vient ensuite l’image des Juifs, qui sont "aussi des êtres humains", nous précise la voix-off. Le principe de la spirale infernale fait déjà montre de ses effets ravageurs lors de ces deux occurrences, que l’on pourrait voir comme des climax. Les plus ardents défenseurs d’un cinéma expérimental "pur" n’hésiteront justement pas à pointer du doigt cette voix off envahissante qui, si elle ne rend pas le film divertissant ou distractif, permet quelque part de faire diversion, ou encore cette musique sans finesse qui vient soutenir l’image lors du dénouement. Mais ce serait mal appréhender les ambitions du réalisateur. Furtado sait ce qu’il fait. Ainsi précise-t-il dans le numéro 52 du magazine Bref: "Je fais toujours attention à ce qu’elle ne soit pas une béquille de l’image, qu’elle ne soit pas la même chose que l’image. Je veux qu’elle colle l’image, ou qu’elle soit véritablement exagérée, comme dans L’Île aux Fleurs, où l’on voit un poulet puis un carton avec le mot ‘poulet’; c’est tellement explicite que l’on a un nouveau degré de lecture". Ainsi, par ces syllogismes à la fois audio et visuels, le réalisateur détourne autant le sens des images que celui des mots. Furtado exploite le prisme le plus large possible de la création visuelle (animation, prise directe, documentaire, collages) pour servir son propos. Une construction fourre-tout finalement pas si éloignée de sa thématique, à savoir le traitement des déchets.


Pour ce qui est du texte, et du génie de sa conclusion, Furtado raconte combien sa gestation fut difficile: "Pendant huit mois, j’ai essayé d’écrire le texte, un texte qui traduisait mon malaise. Et en approfondissant les causes de ce malaise, je suis arrivé à la conclusion que cela me dérangeait parce que c’était une chose qui était à la fois logique et immorale. Cette chose-là fait tout à fait sens; le propriétaire du terrain était plus clément que les autres parce que, lui, au moins, ouvrait son terrain aux pauvres. Il fallait juste, d’une certaine manière, organiser tout cela car ce serait rapidement devenu anarchique. […] Ce texte, je l’ai finalement écrit en trois jours. J’ai regroupé les données que j’ai obtenues dans un certain ordre, qui est le mien. Je voulais un texte comme un message envoyé à Pluton, comme si j’allais expliquer la situation à une personne qui ne connaissait pas la différence entre une poule et un être humain. Cette logique sous-tend ce texte. Mais le problème résidait dans le fait qu’il pouvait s’achever n’importe où. En liant une chose à une autre, cet exercice de langage pouvait durer indéfiniment. La fin de mon texte reprenait en fait mon malaise initial: existe-t-il quelque chose de plus grand que la logique, quelque chose de plus puissant que le raisonnement? J’ai alors emprunté une phrase de Cecilia Meirelles pour finir. C’est une formule circulaire, un casse-tête, une métaphore en forme de spirale: ‘Liberté est un mot que le rêve humain alimente. Il n’existe personne qui l’explique et personne qui ne le comprenne’. Ainsi, si on ne sait pas pourquoi les choses ne vont pas, on n’a aucun moyen de les expliquer c’est une caractéristique de l’être humain". L’auteur s’est donc imposé une démarche claire, où le trop-plein de didactique sert le détournement. C’est sans doute ce qui fait de L’Île aux Fleurs un film qui ne se range pas: on le garde sous la main, partagé entre un sentiment d’aigreur, voire de crainte à l’idée de le revisionner, et une envie d’en faire partager la force d’adéquation formelle et thématique au plus grand nombre. Avant-gardiste, disions-nous.

 


 

 

Source :

http://archive.filmdeculte.com/

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Published by openyoureyes - dans NATURE-ECOLOGIE
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Citation

« Il fut débattu puis décidé que la peur devrait être propagée et entretenue au niveau mondial afin que l’attention reste cristallisée sur le négatif tout en empêchant l’expression positive de l’authenticité.

 

Tandis que les gens deviendraient de plus en plus craintifs et manipulables, leur capacité à penser librement et à exprimer leur authenticité décroîtrait.

 

Le contrôle de l’esprit interdisant clairement toute expression de l’authenticité, l’évolution de l’esprit humain diminuerait ainsi en même temps que la liberté de penser, lors que celle-ci fait l’objet d’un continuel bombardement alliant terreur et négativité. »

 

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