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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 18:03

Economie française : la bourse ou…la dette !

3 avril 2012

(Il y a des réalités économiques qu’on nous rentre dans le crâne depuis des années et qui soi-disant ne pourraient être remises en cause. C’est le cas des très grandes entreprises française cotées en bourse qu’il faudrait ménager, protéger, parce qu’elles sont le fleuron de notre économie. Ce serait grâce à elles qu’une grande partie de la richesse nationale serait créée. Elles seraient un moteur économique, un facteur de dynamisme. Et bien, cette vérité assénée comme un horizon indépassable et visant à empêcher que ces grandes entreprises soient mieux régulées, ou taxées plus conséquemment est en réalité une grosse escroquerie. Suivez le guide…)

On a plus ou moins une idée, mais il est tout de même difficile de connaître l’impact économique réel des entreprises géantes qui ont généré (pour seulement celles du CAC40) un chiffre d’affaires de plus de 1300 milliards d’euros en 2011 alors que les dépenses de l’Etat seront de 366 milliards en 2012, la dette actuelle de 1700 milliards.

Une étude passionnante de l’IFGE (Institut français de gouvernement des entreprises) nous donne des clés concrètes qui démolissent totalement le discours asséné par le gouvernement actuel au sujet des très grandes entreprises cotées en bourse que cette majorité a particulièrement favorisées depuis 10 ans (l’opposition ayant été aux manettes n’ayant pas fait autrement auparavant, mais sur un temps plus long). Tellement favorisées, ces très grands entreprises, que ce sont des milliers de milliards de recette qui manquent à l’Etat : ceux de la fameuse dette qui doit nous forcer à faire des « sacrifices », cette austérité obligatoire, à laquelle aucun gouvernement ne devrait se soustraire en Europe, la France en tête…

Alors bien entendu, on nous explique que les abaissements de charges, les facilités fiscales, et autres aides aux très grandes entreprise cotées en bourse sont nécessaires pour conserver une compétitivité et un dynamisme économiques sans lesquels la France s’écroulerait. Comme on nous explique qu’il serait suicidaire de vouloir augmenter leurs prélèvements, etc, etc…

Qu’en disent les spécialistes et les études chiffrées ?

l’IFGE, sur son site, émet des constats qui peuvent nous mettre la puce à l’oreille :

 

Comment les entreprises géantes déforment la bourse ?

On croit parfois que notre économie a été transformée grâce à la Bourse, parce que les entreprises ont pu se financer en capital. A partir des données de la base GEF/IFGE, ce cahier montre qu’il n’en est rien.

Sur la période 1992-2010, la Bourse a essentiellement profité à une soixantaine d’entreprises qui, en absorbant le capital, sont devenues des sociétés géantes. L’économie de marchés financiers a encouragé la concentration économique et accru la taille de certaines entreprises dans des proportions inédites.

On assiste à un décrochage croissant entre ces entreprises géantes et les entreprises moyennes. Cela crée aussi une illusion d’optique car les entreprises géantes déforment les analyses que l’on peut tirer des évolutions récentes. C’est ce que nous appelons l’effet Gulliver.

Diantre ! Par tous les dieux du CAC40, mais ces gens là sont de furieux partisans du Front de gauche avec une faucille entre les dents et un marteau dans chaque main ou quoi ? En fait pas vraiment, puisqu’il semble qu’on peut ne pas être fondamentalement opposé au capitalisme en tant que tel et pourtant avoir un peu froid dans le dos lorsqu’on observe attentivement le capitalisme qui s’est installé en moins de 30 ans par chez nous. Mais observons un peu mieux l’étude de l’IFGE. Pour commencer, un petit graphique :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Petit constat des auteurs de l’étude :

Si l’on compare la croissance moyenne par catégorie à celle de l’économie française (PIB en euros constant 2010), on peut obtenir une approximation de la dynamique économique qu’a connue chaque catégorie (graphique 2).

Les géantes représentent la seule catégorie dont la croissance du chiffre d’affaires moyen (CA) est nettement supérieure au PIB. Cela met en évidence la forte concentration économique qu’elles opèrent. En effet, bien que plus nombreuses, elles doublent leur chiffre d’affaires entre 1992 et 2010 alors que le PIB n’augmente que de 30% durant la période.

Et oui : les géantes X2, le PIB, +30%…

Mais les auteurs ne sont pas dupes, ils ont entendu Nicolas Sauron et ses sbires, à propos de Total et de ses 8% d’impôts (au lieu de plus de 30%) « parce que vous comprenez m’dame Chazal, c’est normal, avec un chiffre d’affaires majoritairement effectué à l’étranger« . Alors ils regardent de plus près ce facteur pour toutes les entreprises :

Et le constat est sans appel :

Chiffre d’affaires international

On pourrait expliquer cette concentration par le chiffre d’affaires dégagé à l’étranger qui serait plus important pour les entreprises géantes que pour les autres. Or il n’en est rien. Le graphique 3 montre que la part moyenne de ventes à l’étranger s’accroît de 44% entre 1992 et 2010 pour les géantes mais celui des grandes entreprises augmente aussi de 33% et celui des PME bondit de 237%. Seules les ETI ont une moyenne stable de CA à l’étranger (+6%).

Alors là, c’est quand même ballot pour tous ces ministres qui ont défilé dans les médias afin de nous expliquer que les grandes entreprises réalisaient la majorité de leur CA à l’étranger ce qui expliquait que…etc, etc…

Et les auteurs de conclure avec un aplomb sans nom :

Le fort accroissement de la taille des entreprises géantes n’est donc pas dû à la seule croissance internationale mais aussi à la concentration économique au sein de l’appareil productif français.

Alors parler de monopole de type oligarchique serait vraiment exagérer, hein #theorieducomplot

Et tout ça nous mène où ?

Oh, pas bien loin, vous vous en doutez, juste à faire quelques constats qui peuvent aider à mieux saisir ce qu’il s’est passé et pourquoi il semble un peu suspect que la cinquième nation la plus riche de la planète n’arrive plus à correctement éduquer, soigner, loger, nourrir une part de plus en plus importante de sa population. Il serait trop long et indigeste de passer en revue tous les points abordés dans cette étude, mais quelques uns restent incontournables pour aller jusqu’au bout de la démarche entamée. L’évolution des dividendes distribués en est un :

Et comme il y a des courbes qui ne trompent pas, et que les auteurs de l’étude ne sont pas myopes :

La concentration des investissements financiers sur les géantes et les grandes entreprises s’explique classiquement par la plus grande sécurité et la plus grande liquidité de leurs titres. Ce sont donc elles qui assurent fortement la rémunération des fonds d’investissement. Sur une base comparable indice 100 en 1992, le graphique 7 montre que les géantes ont multiplié le versement moyen de dividendes par 7 quand les grandes et les ETI l’ont multiplié respectivement par 1.6 et 1.9.

Pour enfoncer le clou, un dernier graphique avec un commentaire qui permet de tirer quelques conclusions vraiment importantes pour la suite des événements, c’est-à-dire l’austérité que nous allons subir durant des années (c’est-à-dire perdre à peu près tous les acquis sociaux durement gagnés et payés à la sueur du front de plein de gens qui se sont donnés du mal) :

Au final, le graphique 8 montre qu’alors que les 37 géantes versaient 70% du total des dividendes distribués au marché en 1992, les 58 géantes en distribuent près de 90% en 2010 (contre 5% pour les grandes et 6% pour les ETI et 0,02% pour les PME).

La conclusion de l’étude amène un constat quelque peu ennuyeux pour tout décideur politique qui, comme ils nous y ont habitués, font pourtant l’apologie des valeurs boursières et autres cotations qui accompagnent désormais notre quotidien de citoyens d’un pays en crise permanente.

L’effet Gulliver

Du fait de leur poids, les entreprises géantes déforment les analyses sur le financement par la Bourse. Les interprétations sur les évolutions économiques récentes doivent donc distinguer soigneusement les « géantes » des autres, sous peine de subir « l’effet Gulliver » c’est-à-dire de généraliser des résultats qui ne sont valables que pour une soixantaine d’entreprises françaises.

Chacun pourra en tirer une leçon générale de cet effet Gulliver, mais la lecture de cette étude amène tout de même un douloureux constat : le pays des 450 fromages et du pinard génère un pognon absolument faramineux qui repart majoritairement dans les poches de quelques centaines d’individus, son économie est étouffée par une concentration d’entreprises géantes cotées en bourse, des monopoles de fait, qui ne redistribuent que des clopinettes à la nation. Parler d’un problème de dette causée par la fainéntise des citoyens, un manque de compétitivité créé par des charges sociales trop lourdes et autres constats qui amènent à vouloir réduire la charge de l’Etat « grand dépensier » en supprimant entre autres ses fonctionnaires ou en taxant plus les citoyens est une escroquerie. Ou bien une volonté toute ordonnée et parfaitement calculée. Parce que si on diminuait les dividendes de seulement 10% de ces entreprises géantes, avec une taxation redistributive comparable, savez-vous à combien serait en très peu de temps la fameuse dette qui nous serre tous à la gorge ? Quasiment nulle…

Ennuyeux, non ?

 

SOURCE : link

 

Aller plus loin : L'Argent Dette 1 et 2 : promesses chimériques (Docus+Article)

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Published by openyoureyes - dans ACTUALITES
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Citation

« Il fut débattu puis décidé que la peur devrait être propagée et entretenue au niveau mondial afin que l’attention reste cristallisée sur le négatif tout en empêchant l’expression positive de l’authenticité.

 

Tandis que les gens deviendraient de plus en plus craintifs et manipulables, leur capacité à penser librement et à exprimer leur authenticité décroîtrait.

 

Le contrôle de l’esprit interdisant clairement toute expression de l’authenticité, l’évolution de l’esprit humain diminuerait ainsi en même temps que la liberté de penser, lors que celle-ci fait l’objet d’un continuel bombardement alliant terreur et négativité. »

 

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