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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 11:14

Source : Mondialisation.ca

 

http://afriquedusud.blog.lemonde.fr/files/2012/08/Les-policiers-apr%C3%A8s-lassaut-%C2%A9Sebastien-Hervieu.jpg

 

Quatre mineurs qui ont témoigné mardi devant la Commission Farlam sur le massacre de Marikana ont été immédiatement arrêtés par la police. Ils vont être mis en examen pour meurtre.

 

Les avocats représentants les familles de 21 des 36 mineurs tués à Marikana le 16 août ont demandé leur libération immédiate.

 

Les quatre, tous des meneurs de la grève, rentraient chez eux après avoir témoigné devant la commission d’enquête officielle, qui se tient à Rustenberg, sur le massacre de mineurs en grève à la mine de Lonmin. Ils étaient dans un taxi qui transportait 14 personnes.

 

L’institut des droits socio-économiques d’Afrique du Sud (le SERI – une organisation d’intérêt public qui prend la défense juridique des mouvements sociaux, ndt), a demandé leur libération immédiate. D’après son représentant, Teboho Mosikili, les quatre – Zamikhaya Ndude, Sithembele Sohadi, Loyiso Mtsheketshe et Anele Kola – ont été arrêtés après avoir été désignés « apparemment par, ou suivant les informations, d’un officier de police qui s’était rendu aux audiences de la commission. Des capuches ont été placées sur leurs têtes et on leur a dit de ne pas parler, sinon ils seraient abattus. »

 

« Il semble, à première vue, que les personnes arrêtées ont été visées parce qu’elles nous assistaient à la commission, » a déclaré Mosikili dans un communiqué.

 

Menaçant de se retirer de la procédure s’ils ne sont pas libérés le 29 octobre, date de la prochaine réunion de la commission, le représentant du SERI a ajouté, « le SERI ne peut plus, en toute bonne foi, donner à la commission, ou à certaines parties de celle-ci, des informations sur les identités de témoins potentiels qui risqueraient d’apporter des informations ou des témoignages allant contre la police. »

 

Mosikili fait partie d’une équipe menée par l’avocat Dali Mopfu, représentant les familles des victimes et les 275 mineurs arrêtés ainsi que les blessés. Mopfu a déclaré à la commission mardi que cinq de ses témoins, dont deux témoins de première importance, ont été arrêtés.

 

L’avocat anglais James Nichol – du cabinet TV Edwards LLP – a déclaré au Mail & Guardian qu’une lettre avait été expédiée au barreau d’Angleterre pour demander l’envoi d’observateurs pour s’assurer que les procédures légales seront bien suivies. [Ce cabinet travaille également avec les familles des victimes, la compagnie Lonmin, qu'ils veulent attaquer, étant anglaise, ndt]

 

Cette lettre précise qu’au cours des arrestations « il y a eu de nombreuses occasions au cours desquelles la police a fait usage de la force de façon très largement excessive contre les résidents de Marikana […] Au cours de ces derniers jours, des témoins importants, des mineurs qui sont pauvres, vivent dans des baraques en tôle ondulée et ne savent bien souvent ni lire ni écrire, ont été arrêtés et intimidés par le SAPS, » Service de police d’Afrique du Sud.

 

L’arrestation des quatre de mardi a été le point culminant de cette campagne d’intimidation. Elle a mobilisé « environs 30 à 40 policiers dans des véhicules blindés, des fourgons, et des véhicules banalisés. »

 

« Le groupe a reçu l’ordre de sortir du véhicule, par des policiers qui brandissaient des pistolets et des fusils, ils ont été forcés à s’allonger à même le sol, et maintenus ainsi par les policiers qui appuyaient leurs bottes sur leur nuque. La police en a frappé certains, menaçant de tirer s’ils relevaient la tête. L’un des membres du groupe a été prévenu , “je vais t’éclater la tête !” » a indiqué Nichols.

 

Les quatre meneurs de la grève ont été identifiés par la police comme « ceux que nous cherchons. »

 

La réaction de la police était belliqueuse et ils n’ont présenté aucune excuse. Le porte-parole de la police du Nord-Ouest, le brigadier Thulani Ngubane a affirmé que les quatre avaient été arrêtés pour une série de quatre « meurtres mystérieux » commis sur des mineurs de Marikana après le massacre du 16 août. Il a dit que l’interpellation avait eu lieu au cours d’une fouille de routine des véhicules à cet endroit.

 

Il est allé jusqu’à déclarer que « ces criminels sont la propriété de l’Etat. »

 

Écartant toute inquiétude quant aux implications sur l’enquête Farlam, il a déclaré, «Les avocats comprendront qu’un criminel est un criminel, mais ils auront accès à ces criminels. La loi du pays le permet, la commission le permet, la commission a le pouvoir de convoquer des témoins et la police s’assurera que ces témoins se présenteront devant elle. »

 

Article original, WSWS, paru le 26 octobre 2012

 


 

Retour en images sur le massacre de Marikana

Source : Le Monde


Thursday, bloody thursday


Jeudi 16 août, l'Afrique du Sud a vécu (version abonnés) l'un des jours les plus noirs de son histoire récente : 34 mineurs grévistes ont été tués lors d'un assaut donné par la police. Voici dix photos prises lors de mes reportages sur place.

16 août, 13h58 : vue sur l'un des principaux puits de la mine de platine de la compagnie Lonmin. Une grande partie des 22 000 employés vit à proximité dans des cabanes en tôle sans eau courante où les abords sont parsemés de détritus.


15h17 : environ 3 000 mineurs grévistes sont installés sur une colline depuis plusieurs jours, ils refusent de bouger tant que la direction n'aura pas accepté une augmentation de leurs salaires (400 euros en moyenne par mois).

 

Les policiers avant l'assaut (©Sebastien Hervieu) 15h46 : après l'échec des négociations pour que les grévistes quittent les lieux, la police a prévenu qu'elle allait intervenir, ses hommes se préparent à donner l'assaut, épaulées par les forces spéciales.

 

Les policiers après l'assaut (©Sebastien Hervieu)16h01 : des mineurs armés de bâtons de bois et de machettes se sont avancés vers les policiers. Ces derniers, après avoir reculé, répliquent à balles réelles (vidéo) : une dizaine de corps gît au sol, d'autres coups de feu seront ensuite entendus plus loin.


16h02 : au milieu des corps, un survivant essaie de se relever, la police assure que les grévistes ont tiré en premier, qu'elle a agi en état de "légitime défense". Seulement six armes à feu seront retrouvées lors de l'interpellation de 259 mineurs.

 

16h05 : peu entraînée et mal équipée pour maintenir l'ordre lors de manifestations, la police sud-africaine est une nouvelle fois accusée d'avoir agi de manière disproportionnée.

 

17h27 : un périmètre de sécurité vient d'être installé, les policiers qui ont donné l'assaut quittent les lieux pendant que les ambulances arrivent pour ramasser les corps.

 

18 août, 11h27 : un groupe de femmes, de mères dansent, chantent, crient leur colère. "Qu'avez-vous fait ? Pourquoi avez-vous tué nos maris et nos fils ?" Certaines d'entre elles ne savent toujours pas si leurs proches disparus sont blessés ou morts.

 

12h35 : des mineurs grévistes entament une danse traditionnelle. Malgré le sang qui a coulé, ils ne veulent pas retourner travailler et exigent toujours une hausse de leurs salaires alors que la direction menace de les licencier.

 

12h41 : des femmes prennent aussi part à ce rassemblement de grévistes. Elles mettent en avant la figure de Nelson Mandela pour rappeler qu'après la "libération politique", il faut encore lutter pour la "libération économique". 


Crédits : Sébastien Hervieu

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commentaires

lasorciererouge 05/12/2013 23:00

http://www.wikistrike.com/article-breaking-news-nelson-mandela-est-mort-121456583.html

Il a traversé le pont de l'arc en ciel, paix à son âme !

openyoureyes 06/12/2013 14:47

Oui paix sur son âme effectivement, les hommes ne seront jamais immortels, du moins je l'espère.. mais certains le mériteraient, surtout ceux qui auront autant donner d'eux même pour faire avancer les choses. Triste de les voir partir à chaque fois..

lasorciererouge 05/12/2013 22:59

http://www.wikistrike.com/article-breaking-news-nelson-mandela-est-mort-121456583.html

Il a traversé le pont de l'arc en ciel, paix à son âme.

Citation

« Il fut débattu puis décidé que la peur devrait être propagée et entretenue au niveau mondial afin que l’attention reste cristallisée sur le négatif tout en empêchant l’expression positive de l’authenticité.

 

Tandis que les gens deviendraient de plus en plus craintifs et manipulables, leur capacité à penser librement et à exprimer leur authenticité décroîtrait.

 

Le contrôle de l’esprit interdisant clairement toute expression de l’authenticité, l’évolution de l’esprit humain diminuerait ainsi en même temps que la liberté de penser, lors que celle-ci fait l’objet d’un continuel bombardement alliant terreur et négativité. »

 

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